Cette question aborde une pratique qui relève de la sexualité dite « edge » ou « à risque consenti », et elle mérite une réponse extrêmement prudente et nuancée. La réponse n’est ni un simple « oui » ni un « non » catégorique, mais plutôt une explication des conditions absolument indispensables pour que cela soit envisageable sans mettre en danger l’intégrité physique et psychologique de votre partenaire.
1. Le Consentement Explicite, Éclairé et Enthousiaste
C’est la condition sine qua non, qui prime sur toute autre considération.
- Explicite : Cela ne doit en aucun cas être une surprise. Cela doit faire l’objet d’une discussion préalable, à froid, en dehors de tout moment sexuel, où les deux partenaires expriment clairement leurs désirs, leurs limites et leurs craintes.
- Éclairé : Les deux personnes doivent être pleinement conscientes des risques médicaux graves associés à cette pratique (détaillés ci-dessous). Ignorer ces risques, c’est mettre la vie de son partenaire en danger.
- Enthousiaste : La décision doit être libre, sans pression, sans chantage et sans influence de l’alcool ou de drogues. Un « oui » murmuré sous la contrainte ou pour faire plaisir n’est pas un consentement.
2. La Connaissance des Risques Médicaux Gravissimes
Cette pratique, souvent appelée « breath play » (jeu d’étranglement), est extrêmement dangereuse. Elle n’est jamais sans risque.
- Lésion des artères carotides : Une pression même légère peut interrompre partiellement l’afflux de sang vers le cerveau, entraînant un évanouissement en quelques secondes, des lésions cérébrales irréversibles en quelques minutes, voire la mort.
- Lésion de la trachée : Le cartilage de la trachée est fragile. Le serrer peut le fracturer et bloquer les voies respiratoires, provoquant une asphyxie mortelle.
- Dérèglement du rythme cardiaque : La pression sur le cou peut stimuler le nerf vague et provoquer un arrêt cardiaque brutal et imprévisible.
- Aucune marge d’erreur : Il n’existe pas de « manière sûre » de priver le cerveau d’oxygène. La frontière entre une sensation recherchée et un accident tragique est infime et impossible à contrôler avec précision.
3. Des Alternatives Beaucoup Plus Sûres
Heureusement, il existe des moyens d’explorer des sensations de domination et de soumission ou d’intensité sans recourir à des pratiques aussi périlleuses.
- La main sur la nuque : Placer sa main fermement sur la nuque ou à la base du cou, sans exercer aucune pression sur la gorge, peut transmettre une sensation de domination sans risque.
- Les jeux de rôle verbaux : Utiliser la voix pour murmurer ou ordonner peut créer une dynamique de pouvoir très intense de manière parfaitement sûre.
- Se concentrer sur d’autres zones : Les cheveux, les épaules, les hanches ou le dos peuvent être saisis ou tenus fermement pour ajouter une dimension physique intense.
Conclusion : La Prudence comme Règle Absolue
D’un point de vue médical et sécuritaire, il est fortement déconseillé de pratiquer l’étranglement, quelle que soit l’intention. Les risques de blessures permanentes ou de décès sont réels et disproportionnés par rapport au bénéfice recherché.
Si l’envie est absolument mutuelle et persistante après une discussion sur les risques, la seule démarche responsable est de consulter des ressources spécialisées en sexualité et en BDSM éthique pour comprendre les techniques de réduction des risques (qui n’éliminent jamais le danger) et d’établir des signaux de sécurité non verbaux très stricts.
En résumé : la priorité absolue doit toujours être la sécurité et le bien-être de son ou sa partenaire. Il est toujours préférable de privilégier des pratiques où le plaisir ne rime pas avec un danger potentiellement mortel.
