Propriétaires de jets privés au Gabon
La question de la détention de jets privés au Gabon est principalement centrée autour de la flotte présidentielle et de l’État. Les informations disponibles publiquement, issues de médias et de communiqués officiels, concernent presque exclusivement les appareils appartenant ou utilisés par les plus hautes autorités de l’État. Il est plus difficile de documenter de manière vérifiée la possession de jets privés par des individus ou des entreprises au Gabon, car ces données ne sont souvent pas rendues publiques.
La flotte présidentielle actuelle sous le général Oligui Nguema
Depuis son arrivée au pouvoir, la transition militaire a procédé à l’acquisition de nouveaux appareils pour la présidence de la République.
Acquisitions récentes d’avions VIP
- Deux nouveaux avions luxueux ont été achetés et réceptionnés en juillet et août 2024.
- Un Gulfstream G550, âgé de 13 ans, destiné au transport du président de la République.
- Un Embraer E145 de 30 sièges en classe VIP, prévu pour le transport des membres du gouvernement.
- Les transactions ont été orchestrées par le courtier nigérian Falcon Aerospace.
- Les deux appareils arborent les armoiries du Gabon à leur arrivée à Libreville.
- Ces achats portent à trois le nombre d’avions détenus par le palais présidentiel.
Utilisation controversée des avions de l’État
L’usage de la flotte présidentielle a fait l’objet de critiques, notamment pour des services perçus comme personnels.
Exemples de polémiques
- En mars 2025, le chanteur congolais Ferré Gola a été transporté vers Libreville dans un avion estampillé « République Gabonaise » pour un spectacle anniversaire du président.
- Un député de la Transition a qualifié cet usage de « patrimoine public à des fins privées ».
- Sous l’ancien président Ali Bongo, l’utilisation de l’avion présidentiel pour des voyages privés de collaborateurs était également critiquée.
- Cet événement a conduit à des comparaisons entre les pratiques de l’ancien régime et l’actuelle transition.
- La confusion entre bien public et bien privé est une critique récurrente adressée aux dirigeants.
- La controverse a suscité des réactions indignées de la part d’acteurs de la société civile.
Vente présumée d’un avion présidentiel
Des allégations circulent concernant la cession discrète d’un appareil de la flotte présidentielle.
Transactions et interrogations
- Un Gulfstream IV de la flotte présidentielle aurait été vendu discrètement fin 2024 à une entreprise nigériane, FlyBird.
- L’appareil aurait ensuite été loué ou revendu au milliardaire nigérian Ned Nwoko.
- Cette opération a été dénoncée comme un « braderie du patrimoine de l’État ».
- La transaction s’est déroulée dans une opacité totale selon les sources médiatiques.
- Cette affaire est comparée à la vente d’autres biens immobiliers de l’État gabonais à l’étranger.
- Elle soulève des questions sur la gestion des biens publics sous la transition.
La flotte présidentielle historique et son évolution
La possession d’avions par la présidence gabonaise n’est pas nouvelle et a connu des évolutions.
Appareils anciens et récupérations
- Avant ces acquisitions, le général Oligui Nguema effectuait ses voyages avec un avion de location, un Airbus A320 VIP de la compagnie burkinabé Liza Transport International.
- Début 2024, la présidence a récupéré l’avion présidentiel d’Ali Bongo, un Gulfstream G650 (immatriculé TR-KGM).
- Cet appareil était immobilisé depuis mai 2023 à Bâle (Suisse) pour cause de factures impayées.
- La flotte actuelle est donc composée de ce G650 récupéré et des deux nouveaux appareils acquis en 2024.
- Le commandant de la flotte présidentielle, le colonel Louis Joseph Boussougou, a inspecté les nouveaux avions à leur arrivée.
- Ces mouvements montrent une volonté de reconstituer une flotte présidentielle propriété de l’État.
Le contexte régional de l’aviation d’affaires au Gabon
Le Gabon cherche à se positionner comme un pôle de l’aviation régionale, ce qui fournit un contexte à ces acquisitions.
Initiatives gouvernementales et reconnaissance internationale
- Le pays a accueilli en novembre 2025 la première réunion du Groupe de planification du Système de l’Aviation Afrique – Océan Indien (AASPG).
- Le Gabon a reçu un certificat de reconnaissance de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) pour ses progrès en matière de sûreté aérienne.
- Un projet de construction du nouvel aéroport d’Andem, évalué à près de 200 milliards de FCFA, est en cours.
- L’OACI a proposé son appui technique pour ce projet et pour la réhabilitation des aéroports secondaires.
- L’indice de durabilité de la sûreté aérienne du Gabon est passé à 78,77 % en 2025.
- Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie de renforcement du secteur aéronautique national et régional.
Perspectives et engagements futurs dans l’aviation
Les autorités gabonaises ont exprimé une vision à long terme pour le développement du transport aérien.
Plans et investissements annoncés
- Le futur aéroport d’Andem devrait avoir une capacité de 2 millions de passagers par an et traiter 25 000 tonnes de fret.
- Son inauguration est prévue pour 2030, avec une piste capable d’accueillir les grands porteurs mondiaux.
- Le gouvernement planifie également la digitalisation des services de l’ANAC (Agence Nationale de l’Aviation Civile).
- La création d’un centre de formation aux métiers de l’aviation civile fait partie des projets structurants.
- Le pays s’engage à œuvrer pour un « ciel africain plus sûr, plus intégré et plus performant ».
- Ces initiatives sont placées sous le haut patronage du Président de la Transition.
Synthèse et analyse
En réponse à la question « Qui au Gabon possède un jet privé ? », les informations vérifiées indiquent que le principal propriétaire de jets privés est l’État gabonais, à travers sa flotte présidentielle. Les détails sur les acquisitions récentes, les polémiques d’usage et les projets de développement aéronautique peignent un tableau complexe. D’une part, il existe une volonté affichée de moderniser les infrastructures et de respecter les standards internationaux. D’autre part, l’utilisation de ces biens publics continue de soulever des questions sur la frontière entre intérêt de l’État et usages personnels, une critique persistante à travers les changements de régime. Les données concernant la possession de jets par des entités privées gabonaises restent, quant à elles, largement indisponibles ou non vérifiées dans les sources accessibles.
