Les gares routières sont souvent insalubres pour plusieurs raisons qui touchent à la gestion, à l’infrastructure et au comportement des usagers. Voici une analyse détaillée et approfondie :
1. Mauvaise gestion et absence d’entretien régulier
La salubrité d’une gare dépend beaucoup de sa gestion. Dans de nombreuses villes, les responsables des gares ne disposent pas de budgets suffisants pour assurer un nettoyage quotidien.
- Exemple concret : Dans certaines gares de Douala, les poubelles débordent et le balayage n’est pas fait quotidiennement, ce qui entraîne une accumulation d’ordures sur les quais et dans les halls d’attente.
- Conséquence : Les déchets attirent les rongeurs et les insectes, ce qui favorise la propagation de maladies comme la diarrhée ou le choléra.
2. Manque d’infrastructures adaptées
Beaucoup de gares sont construites sans tenir compte des besoins réels des usagers et de l’entretien.
- Problèmes typiques : absence de toilettes publiques fonctionnelles, manque de poubelles, caniveaux bouchés, absence de drainage des eaux de pluie.
- Exemple : Après la pluie à la gare de Ndogbong à Douala, les zones piétonnes sont souvent inondées et boueuses, ce qui rend la gare très sale et difficilement accessible.
3. Comportement des usagers
L’insalubrité est aussi liée aux habitudes des voyageurs.
- Certains jettent leurs déchets par terre par manque de sensibilisation ou par habitude.
- Les marchands ambulants, qui occupent souvent les espaces de circulation, contribuent à l’encombrement et aux déchets alimentaires.
- Exemple : Dans certaines gares de Yaoundé, les restes de nourriture vendus par les kiosques sont jetés directement dans les allées, créant une accumulation de déchets et d’odeurs nauséabondes.
4. Pression démographique et flux élevé de personnes
Les gares routières dans les grandes villes africaines sont souvent saturées.
- Avec des milliers de passagers chaque jour, les installations ne suffisent plus pour accueillir tout le monde de manière propre.
- Exemple : La gare routière de Bonapriso à Douala reçoit quotidiennement un flux énorme de voyageurs, ce qui complique le nettoyage en temps réel et accentue l’insalubrité.
5. Facteurs économiques et politiques
- Le financement insuffisant des gares routières par les collectivités locales limite la possibilité de rénover ou d’entretenir correctement les infrastructures.
- Parfois, la corruption détourne les fonds destinés à l’entretien.
- Exemple : Dans certaines villes, des marchés improvisés occupent les gares faute de réglementation stricte, et la collecte des taxes ou redevances est mal gérée, ce qui réduit les ressources pour le nettoyage.
6. Conséquences de l’insalubrité
- Risques sanitaires pour les voyageurs et les travailleurs de la gare.
- Mauvaise image de la ville pour les visiteurs.
- Difficultés dans le transport, car les déchets peuvent obstruer les accès et gêner la circulation des bus.
