Pourquoi le français, l’anglais et le portugais dominent-ils encore en Afrique ?

Introduction

Malgré les indépendances, le français, l’anglais et le portugais restent les langues dominantes dans la plupart des pays africains. Pourquoi ces langues coloniales continuent-elles de régner sur l’administration, l’éducation et les médias, au détriment des langues locales ?

1. L’héritage colonial : un système linguistique imposé

a) La colonisation et l’effacement des langues locales

  • Interdiction des langues africaines dans les écoles et l’administration coloniale.
  • Punitions humiliantes pour les élèves parlant leur langue maternelle.
  • Supériorité culturelle imposée : les langues européennes étaient considérées comme « civilisées ».

b) Les indépendances… sans rupture linguistique

  • Les élites africaines ont conservé les langues coloniales pour rester en contact avec l’Occident.
  • Aucune politique sérieuse de promotion des langues locales après les décolonisations.

Exemple frappant :
En Côte d’Ivoire, le français reste la seule langue officielle, alors que le dioula (langue locale) est parlé par 80% de la population.

2. Les raisons économiques et politiques

a) L’avantage économique des langues coloniales

  • Accès aux marchés internationaux : les entreprises préfèrent le français/anglais.
  • Aide internationale et investissements conditionnés à l’usage de ces langues.
  • Emplois et ascension sociale : les diplômés maîtrisant ces langues ont plus d’opportunités.

b) L’unité nationale artificielle

  • Des pays aux centaines de langues locales (Nigeria : 500+, RDC : 200+).
  • Les langues coloniales servent de « langue neutre » pour éviter les tensions ethniques.

Statistique révélatrice :

  • 21 pays africains ont le français comme langue officielle.
  • 24 pays utilisent l’anglais.
  • 6 pays gardent le portugais.

(Tableau : Liste des pays africains par langue coloniale dominante)

3. L’influence culturelle et médiatique

a) L’école, machine à reproduire le système

  • Programmes scolaires en français/anglais/portugais.
  • Peu d’écoles enseignent les langues locales en profondeur.

b) Les médias dominés par les langues étrangères

  • 90% des chaînes TV et radios diffusent en langues coloniales.
  • Les journaux et livres sont majoritairement publiés dans ces langues.

Exemple concret :
Au Sénégal, malgré l’importance du wolof, les journaux sérieux sont en français.

4. Peut-on inverser la tendance ?

a) Les pays qui résistent

  • Éthiopie : L’amharique est la langue officielle, pas l’anglais.
  • Tanzanie : Le swahili est promu comme langue nationale.
  • Afrique du Sud : 11 langues officielles, dont le zoulou et le xhosa.

b) Les solutions pour un changement

✔ Enseignement bilingue (langue locale + langue coloniale).
✔ Médias et loisirs en langues africaines (ex : Nollywood en yoruba).
✔ Politiques volontaristes (comme le Rwanda passant du français à l’anglais + kinyarwanda).

Conclusion : Un équilibre à trouver

Les langues coloniales dominent encore parce que :
✅ Elles offrent des avantages économiques.
✅ Elles évitent les divisions ethniques.
✅ Le système éducatif et médiatique les renforce.

Mais…
❌ Elles effacent les cultures locales.
❌ Elles créent une barrière pour les non-diplômés.

Question ouverte :
Faut-il les remplacer par des langues africaines, ou trouver un compromis ?

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