Au Cameroun, les coupures d’Internet pendant les périodes électorales ne sont pas le fruit du hasard. Elles correspondent à une stratégie mise en place par les autorités pour contrôler l’information et limiter la coordination des mouvements d’opposition dans un contexte de tensions post-électorales .
Les dernières coupures majeures, survenues en octobre 2025, illustrent parfaitement cette dynamique. Voici une analyse des causes et des conséquences de ces mesures.
🔍 Le contexte : une stratégie de contrôle après un scrutin contesté
Suite à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, des tensions sont apparues. L’opposition, menée par Issa Tchiroma Bakary, a contesté la réélection du président sortant Paul Biya, dénonçant des « irrégularités » . C’est dans ce climat que les autorités ont agi.
⚖️ Une pratique controversée face au droit
Ces coupures, bien que justifiées par le gouvernement comme nécessaires à la sécurité nationale, sont vivement critiquées par les défenseurs des droits numériques :
- Une atteinte aux droits fondamentaux : Des organisations comme Paradigm Initiative (PIN) estiment que ces restrictions violent la liberté d’expression et le droit d’accès à l’information, protégés par la constitution camerounaise et la Charte africaine des droits de l’homme .
- Un impact économique lourd : Au-delà de l’aspect politique, la coupure a un coût réel pour l’économie. Le trafic Internet national a chuté d’environ 65%, mettant à l’arrêt de nombreux commerces en ligne, services et médias numériques .
- Une défiance citoyenne : Face à ces blocages, les Camerounais se tournent massivement vers des outils de contournement. Par exemple, Proton VPN a enregistré une hausse de 3000% des inscriptions en provenance du Cameroun le jour où les restrictions ont débuté .
En résumé, si les autorités invoquent la prévention des violences post-électorales pour restreindre l’accès à Internet, ces mesures sont perçues par la société civile et une partie de la population comme une forme de censure politique visant à museler l’opposition et à contrôler le récit national en période de crise
