Oui, il est tout à fait possible de faire un prêt à deux. C’est ce qu’on appelle un prêt avec co-emprunteur . Cette formule, très courante pour les projets immobiliers, est aussi envisageable pour d’autres types de financements . Elle présente des avantages, mais implique aussi des règles et des responsabilités spécifiques qu’il est essentiel de comprendre avant de s’engager.
Voici un schéma qui illustre le fonctionnement d’un prêt à deux et les points clés à connaître.
🤝 Qu’est-ce qu’un prêt à deux concrètement ?
Lorsque vous faites un prêt à deux, vous êtes tous les deux co-emprunteurs. Cela signifie que vous signez un même contrat de prêt avec la banque et vous vous engagez ensemble à rembourser la totalité de la somme empruntée .
✅ Les avantages d’emprunter à deux
Se lancer dans un projet à deux présente des atouts considérables :
- Une capacité d’emprunt renforcée : La banque additionne vos deux revenus, ce qui augmente mécaniquement le montant que vous pouvez emprunter et améliore votre taux d’endettement . C’est un gage de sécurité pour l’organisme prêteur.
- De meilleures conditions de prêt : Un dossier plus solide vous permet souvent de négocier un taux d’intérêt plus avantageux .
- Une répartition personnalisée : Vous n’êtes pas obligés de rembourser à parts égales. Le contrat peut prévoir une répartition des mensualités (par exemple, 60/40) en fonction des revenus de chacun .
⚖️ La règle d’or : la solidarité entre co-emprunteurs
C’est le point le plus important à comprendre. La plupart des contrats de prêt à deux incluent une clause de solidarité .
- En pratique : Cela signifie que si l’un des co-emprunteurs ne peut plus payer sa part, l’autre est légalement tenu de rembourser la totalité des mensualités . La banque peut se retourner contre l’un ou l’autre pour réclamer l’intégralité de la dette, sans se soucier de votre répartition interne.
- Conséquence : Cette solidarité ne s’arrête pas en cas de séparation ou de divorce. Vous restez tous les deux tenus au remboursement jusqu’à la fin du prêt, sauf si vous parvenez à une solution avec la banque .
💡 Deux notions clés à maîtriser
Pour que votre projet se passe au mieux, il est crucial de bien définir deux éléments dès le départ :
- L’assurance du prêt et la quotité
- L’assurance emprunteur est obligatoire. Elle prend le relais en cas de décès, d’invalidité ou de maladie grave. Avec un prêt à deux, vous devez choisir la quotité, c’est-à-dire le pourcentage du capital emprunté qui sera couvert par l’assurance pour chacun .
- Par exemple, une quotité 50/50 signifie que si l’un des co-emprunteurs décède, l’assurance rembourse 50% du capital restant dû. L’autre co-emprunteur devra continuer à payer sa moitié .
- Vous pouvez aussi opter pour une quotité à 100% sur chaque tête, ce qui coûte plus cher mais garantit qu’en cas de décès de l’un, le prêt est intégralement remboursé, libérant l’autre de toute dette .
- La propriété du bien (pour un achat immobilier)
- Emprunter à deux ne signifie pas forcément être propriétaire à 50/50. Il est essentiel de définir vos quotes-parts de propriété chez le notaire .
- Vous pouvez tout à fait décider que l’un sera propriétaire à 60% et l’autre à 40%, en fonction de l’apport personnel de chacun ou de sa participation au remboursement . Cette répartition est ensuite inscrite dans l’acte de vente.
💔 Que faire en cas de séparation ?
Le divorce ou la rupture ne met pas fin au contrat de prêt . Plusieurs options s’offrent à vous :
- Vendre le bien et rembourser le prêt par anticipation .
- Demander une désolidarisation : Si l’un souhaite garder le bien, il peut demander à la banque de devenir l’unique emprunteur. La banque analysera sa solvabilité seule et devra donner son accord .
- Remplacer le co-emprunteur par une autre garantie (une caution, une hypothèque) si la banque l’accepte .
N’hésitez pas si vous avez d’autres questions sur ce sujet !
