Pourquoi les inondations persistent ?

Les inondations persistent pour plusieurs raisons complexes et souvent interconnectées. On peut les classer en facteurs naturels, facteurs humains et facteurs liés à la gouvernance. Voici un développement approfondi avec des exemples concrets :

1. Causes naturelles des inondations

Certaines inondations sont inévitables à cause de phénomènes naturels :

a) Pluviométrie excessive

Lorsque de fortes pluies tombent sur une courte période, les sols saturés ne peuvent plus absorber l’eau, provoquant des crues.

  • Exemple : À Douala, pendant la saison des pluies, certaines zones comme Bonapriso et New Bell subissent des inondations régulières à cause de pluies intenses et continues.

b) Débordement des rivières et fleuves

Les rivières peuvent sortir de leur lit naturel lorsque leur volume d’eau dépasse leur capacité.

  • Exemple : Le fleuve Nyong au Cameroun provoque des inondations dans ses zones riveraines après de fortes pluies dans l’arrière-pays.

c) Montée du niveau des eaux côtières

Les zones côtières sont exposées aux inondations marines, surtout lors des tempêtes et marées hautes.

  • Exemple : À Douala, la montée du niveau de l’eau dans le Wouri contribue à l’inondation des quartiers riverains comme Deido et Makepe.

2. Facteurs humains

Les activités humaines aggravent souvent la fréquence et l’intensité des inondations.

a) Urbanisation rapide et anarchique

La construction sans planification empêche l’eau de s’infiltrer dans le sol. Les routes et bâtiments imperméabilisent le terrain, augmentant le ruissellement.

  • Exemple : Les constructions à Ndokoti ou Bonabéri réduisent les espaces verts et les zones de drainage naturel, aggravant les inondations lors de fortes pluies.

b) Mauvaise gestion des déchets

Les canalisations et drains bouchés par les déchets empêchent l’évacuation normale des eaux.

  • Exemple : À Douala, les inondations dans des zones comme Bali ou Bonapriso sont souvent causées par des caniveaux obstrués par des plastiques et détritus.

c) Déforestation et destruction des zones humides

Les arbres et zones humides absorbent et ralentissent l’eau. Leur disparition augmente le ruissellement et les risques d’inondation.

  • Exemple : Dans l’arrière-pays camerounais, le déboisement pour l’agriculture ou le charbonnage entraîne des crues plus rapides des rivières.

3. Facteurs liés à la gouvernance et aux infrastructures

Même avec des phénomènes naturels prévisibles, des mesures insuffisantes aggravent les impacts.

a) Infrastructure insuffisante ou mal entretenue

Les systèmes de drainage et les digues sont souvent inadéquats ou mal entretenus.

  • Exemple : Les digues et caniveaux de certaines communes de Douala sont souvent endommagés ou mal construits, ce qui accentue les inondations lors des pluies.

b) Absence de planification urbaine efficace

L’occupation des zones inondables sans règles strictes expose les populations à des risques évitables.

  • Exemple : La construction dans les zones basses de Bonabéri ou PK 12 a été tolérée malgré le risque d’inondation.

c) Changement climatique

L’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes rend les pluies plus intenses et les inondations plus fréquentes.

  • Exemple : Les fortes pluies dans le Littoral camerounais sont de plus en plus imprévisibles et violentes, provoquant des inondations récurrentes.

Conclusion

Les inondations persistent parce qu’elles résultent d’un mélange de phénomènes naturels et de pratiques humaines inadaptées, aggravées par un manque de planification et d’entretien des infrastructures. Les solutions passent par :

  • une meilleure gestion urbaine,
  • un entretien régulier des caniveaux et digues,
  • la reforestation et la protection des zones humides,
  • et la sensibilisation des populations aux risques.
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