Pourquoi la 3G est-elle toujours plus utilisée que la 4G au Tchad ?

Au Tchad, la 3G reste plus utilisée que la 4G principalement parce que la couverture 4G est bien moins étendue, et que l’accès à Internet mobile est encore limité par des problèmes d’infrastructure, de coût élevé et de qualité de service.

Pour mieux comprendre cette situation, voici un aperçu des données clés :

IndicateurTaux (estimations 2024-2025)Référence
Couverture 2G~87% de la population
Couverture 3G~84-85% de la population
Couverture 4G~60% de la population
Pénétration internet~13% de la population
Coût d’un forfait 2 Go~8,4% du revenu mensuel moyen

Il est donc clair que la 3G reste la technologie la plus accessible. Voici les principales raisons de cet écart.

1. Une couverture réseau encore insuffisante

La première raison est technique. Si la 3G couvre désormais une grande partie du territoire (environ 85%), la 4G est loin d’être universelle. En 2024, elle ne couvrait que 60% de la population, laissant de vastes zones, notamment rurales, sans accès à ce réseau à haut débit . Dans ces régions, la 3G, voire la 2G, sont les seules options disponibles. De plus, le Tchad ne dispose pas encore de réseau 5G .

2. Un coût d’accès prohibitif pour beaucoup

Même dans les zones couvertes par la 4G, son utilisation reste un luxe pour une grande partie de la population. En 2024, le forfait mobile le plus abordable avec 2 Go de données (en 3G) représentait 8,37% du revenu mensuel moyen du Tchadien . Ce chiffre est bien supérieur à la moyenne africaine (4,48%) et au-dessus du seuil de 2% recommandé par l’UIT pour un accès abordable .

Avec un coût aussi élevé, les utilisateurs privilégient naturellement les forfaits et les technologies les moins chers pour leurs usages quotidiens, ce qui freine l’adoption de la 4G.

3. Des infrastructures fragiles et une qualité de service médiocre

Le déploiement et la maintenance des réseaux mobiles sont un défi constant au Tchad. Les opérateurs comme Airtel et Moov Africa Chad (qui dominent le marché) font face à des problèmes récurrents  :

  • Alimentation électrique irrégulière : de nombreuses stations de base sont victimes de coupures d’électricité.
  • Mauvais entretien des équipements : des audits ont révélé des équipements défaillants et des sites non opérationnels .
  • Connexion à la fibre optique : le gouvernement a dû donner des ultimatums aux opérateurs pour les forcer à se connecter au backbone national en fibre, une étape pourtant cruciale pour améliorer la qualité et la capacité des réseaux 4G .

Tous ces problèmes se traduisent par une qualité de service jugée insuffisante par le régulateur, avec des plaintes fréquentes pour les appels et l’accès à Internet . Dans ce contexte, se fier à la 3G, dont l’infrastructure est plus ancienne et éprouvée, peut sembler plus stable pour les utilisateurs.

4. Un marché encore en phase de modernisation

Le secteur des télécoms tchadien est en pleine transition. Il est passé de l’absence quasi totale de fibre optique en 2012 à des projets de modernisation ambitieux comme le Projet de Modernisation et d’Infrastructure des Communications Électroniques (PMICE) . Ce projet a permis de déployer plus de 1 275 km de fibre optique dans le pays .

Cependant, la 4G est une technologie plus récente dont l’expansion se fait progressivement. Comme le montre le tableau, la couverture 4G a doublé entre le début des années 2020 et 2024, passant de 22% à 43%, puis à 60% . Elle continue donc de se développer, mais n’a pas encore atteint le niveau de maturité de la 3G.

En résumé

Si la 3G domine encore au Tchad, c’est parce qu’elle est actuellement le meilleur compromis entre coût, disponibilité et fiabilité. La 4G, bien que disponible dans les grandes villes, reste inaccessible pour une grande partie de la population à cause de son coût et de son déploiement encore limité. Le gouvernement et les opérateurs travaillent à améliorer les infrastructures et à réduire les coûts, ce qui laisse présager une adoption plus large de la 4G dans les années à venir.

Retour en haut