Rester positif dans les moments difficiles ne signifie pas ignorer la douleur ou faire semblant que tout va bien. C’est plutôt une compétence de résilience : la capacité à reconnaître l’épreuve tout en choisissant de ne pas se laisser submerger par elle.
Voici une approche concrète, psychologique et pratique, pour cultiver cette force intérieure.
1. Accepter le « négatif » pour mieux le traverser
Le piège le plus courant est de vouloir chasser immédiatement la tristesse ou la colère.
- Le droit de ne pas aller bien : Dites-vous que c’est normal et humain de souffrir. La positivité toxique (« tout va bien », « regarde le bon côté ») est violente pour soi-même.
- L’analogie de la météo : Considérez vos émotions comme la météo. Vous ne pouvez pas empêcher la pluie, mais vous pouvez prendre un parapluie. Accepter l’émotion (« il pleut dans mon cœur ») permet de passer à l’action (« que puis-je faire pour m’abriter ? ») au lieu de lutter contre l’inévitable.
2. Recentrer son attention sur ce que l’on contrôle
Dans une crise, nous avons tendance à nous focaliser sur ce qui est hors de notre contrôle (l’avenir, l’opinion des autres, l’injustice de la situation). Cela génère de l’impuissance.
- Le cercle de contrôle : Prenez une feuille. Dessinez deux cercles.
- Dans le grand cercle, notez tout ce qui vous inquiète mais sur quoi vous n’avez pas de prise (ex: « la réaction de mon patron », « l’économie », « la maladie »).
- Dans le petit cercle, notez ce que vous pouvez contrôler (ex: « ma réaction », « mon alimentation », « demander de l’aide », « faire 5 minutes de respiration »).
- Action : Déplacez toute votre énergie mentale vers le petit cercle. Chaque petite action dans votre zone de contrôle est une victoire qui ramène de la positivité.
3. Pratiquer la « distanciation » (Prendre de la hauteur)
Quand on est en plein dans la tourmente, on a l’impression que « c’est horrible » et que « ça va durer éternellement ».
- La technique du conseil à un ami : Demandez-vous : « Si mon meilleur ami vivait exactement cette situation, quels mots utiliserais-je pour le réconforter et l’encourager ? »
- Pourquoi ça marche : Nous sommes souvent beaucoup plus durs avec nous-mêmes qu’avec les autres. Se parler avec la même douceur que l’on offrirait à un ami crée immédiatement un espace de compassion et de calme.
4. S’appuyer sur les « petits anchors » (ancrages)
Quand tout va mal, le cerveau a besoin de preuves tangibles que la vie peut encore avoir du bon.
- Les 3 gouttes de miel : Chaque soir, identifiez 3 tout petits moments agréables de votre journée. Ils peuvent être minuscules : « le soleil sur ma main », « le goût du café », « un message sympa ». Cela force le cerveau à scanner l’environnement à la recherche de positif, même dans l’adversité. C’est un entraînement neurologique.
5. Transformer le « Pourquoi moi ? » en « Qu’est-ce que ça va m’apprendre ? »
La question « Pourquoi moi ? » nous enferme dans la posture de victime. Elle ne mène nulle part car il n’y a pas de réponse satisfaisante.
- Recadrage : Posez-vous plutôt la question : « Qu’est-ce que cette épreuve est en train de m’enseigner sur moi-même ou sur la vie ? »
- Peut-être vous apprend-elle votre force insoupçonnée.
- Peut-être vous apprend-elle à lâcher prise.
- Peut-être vous apprend-elle à dire non.
- Note : Il ne s’agit pas de « remercier » l’épreuve, mais d’en extraire un sens. Viktor Frankl, psychiatre rescapé des camps, disait : « Celui qui a un pourquoi qui tient bon peut supporter presque tous les comment. »
6. Bouger son corps pour déplacer son esprit
Quand l’esprit est bloqué dans une boucle négative, il est très difficile d’en sortir par la pensée.
- L’astuce du corps : Allez marcher 10 minutes, courez, dansez dans votre salon ou étirez-vous. Le mouvement physique libère des endorphines et interrompt le circuit de rumination mentale. On ne peut pas penser négativement de la même manière quand on est en mouvement.
7. Se projeter dans le futur (Le « moi du futur »)
Imaginez-vous dans 1 an, 5 ans ou 10 ans, regardant la période difficile que vous traversez aujourd’hui.
- Question : Que dira le « vous du futur » à propos de cette période ?
- « Je suis fier de moi d’avoir tenu bon. »
- « Finalement, ça m’a mené vers une nouvelle vie. »
- « C’était dur, mais j’ai rencontré des personnes incroyables à ce moment-là. »
- Effet : Cela met la difficulté actuelle en perspective et rappelle qu’elle n’est qu’un chapitre, pas tout le livre.
En résumé : La formule de la résilience
Rester positif, ce n’est pas nier la réalité, mais choisir où placer son regard.
- J’accepte que c’est dur aujourd’hui.
- Je lâche ce que je ne peux pas contrôler.
- Je cultive les petites lumières.
- Je cherche le sens, même minuscule.
Comme le dit le dicton : « On ne peut pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de nos têtes, mais on peut les empêcher de faire un nid dans nos cheveux. »
