Qui contrôle le marché immobilier au Gabon ?

Le marché immobilier gabonais est majoritairement contrôlé et dirigé par l’État et ses établissements publics, qui en sont les principaux régulateurs, planificateurs et financeurs. Cette mainmise s’exerce à travers des politiques sectorielles, des investissements budgétaires massifs et des réformes structurelles profondes, le tout dans le cadre d’une vision présidentielle clairement définie. Le secteur privé évolue ainsi dans un écosystème largement façonné par les décisions et les priorités gouvernementales.

L’État, principal architecte à travers la politique du logement

Le gouvernement gabonais, via le ministère en charge du Logement, définit les orientations stratégiques et y consacre des ressources financières considérables, faisant de l’État le principal investisseur du secteur.

Le « Plan Habitat » et son budget historique

Le projet de budget 2026 du ministère du Logement, surnommé « Plan Habitat », affiche une enveloppe record de 314,07 milliards de FCFA, contre seulement 14,09 milliards en 2025. Cette augmentation spectaculaire de près de 300 milliards est principalement fléchée vers l’investissement.

Les objectifs stratégiques du gouvernement

Pour la période 2026-2028, les objectifs state-giques s’articulent autour de six axes dont la réduction du déficit en logements, la viabilisation de terrains, la construction de logements sociaux abordables et le renforcement de la régulation foncière.

Le cadre stratégique national

Ce financement s’inscrit dans le Plan Stratégique Nouvel Édifice (PSNE) 2025-2032, dont le volet social vise explicitement à faciliter l’accès à la propriété, à réguler le foncier et à améliorer la qualité des données statistiques du secteur.

La supervision présidentielle directe

Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, effectue des visites de terrain pour évaluer l’avancement des programmes, comme ce fut le cas à Akieni pour le Programme Construire, piloté par la SNI.

La réforme de la politique nationale du logement

Le Conseil des Ministres a acté la mise en œuvre d’une nouvelle politique nationale du logement, accompagnée de la réforme de la SNI pour élargir l’accès à l’habitat.

La priorité donnée aux secteurs stratégiques

L’action gouvernementale s’articule autour de secteurs désignés comme prioritaires, notamment les infrastructures routières, le logement et le foncier.

La SNI, opérateur historique de l’État

La Société Nationale Immobilière (SNI) est le bras armé de l’État dans la concrétisation des projets immobiliers, depuis la planification jusqu’à la livraison des logements.

Le pilotage des programmes présidentiels

La SNI pilote le « Programme Construire », comme en témoigne la visite du Président de la République sur un chantier à Akieni où une maison témoin de 141,50 m² a été présentée.

L’élaboration de la feuille de route stratégique

Sous la direction de son Directeur Général, Hermann KAMONOMONO, la SNI élabore son Plan Stratégique Quinquennal 2025–2030 pour renforcer son rôle dans le logement public au Gabon.

Des offres diversifiées pour différents publics

La SNI propose des parcelles viabilisées avec Titre Foncier à Bikélé, ainsi que des villas en acquisition directe ou en location-vente réalisées dans un délai de 6 mois.

L’assistance technique aux particuliers et aux entreprises

Le BAAC (Bureau d’Assistance et d’Accompagnement des Clients) est une offre de prestation de service destinée à accompagner les personnes physiques ou morales dans la réalisation de leur projet immobilier.

La participation aux réflexions internationales

La SNI est impliquée dans les grandes discussions sur le secteur, comme la 57e Conférence annuelle du Réseau Habitat et Francophonie qui s’est tenue à Libreville sur le thème du financement du logement abordable.

Une gouvernance sous tutelle étatique

Le plan stratégique de la SNI s’aligne sur la vision du Président de la République et est présenté aux autorités avant d’être rendu public, ce qui démontre son ancrage institutionnel.

Le contrôle par la maîtrise du foncier

L’État gabonais exerce un contrôle fondamental sur le marché immobilier par sa domination du secteur foncier, qui est la ressource première de toute construction.

La refonte complète du système foncier

Une réforme structurelle à fort impact prévoit la refonte complète du système foncier avec la régularisation massive de 50 000 titres de propriété.

La transparence dans l’attribution des terrains

Un des objectifs officiels du gouvernement est de renforcer la régulation foncière et la transparence dans l’attribution des terrains.

La cartographie des terrains disponibles

Le plan d’action state-gique inclut la cartographie des terrains disponibles dans les neuf provinces du Gabon, une étape cruciale pour contrôler l’offre.

La viabilisation des terrains par l’État

Le programme du gouvernement vise à viabiliser les terrains pour accueillir les projets immobiliers et les équipements collectifs, une prérogative régalienne.

L’offre de parcelles avec Titre Foncier

À travers la SNI, l’État est en mesure d’offrir des parcelles viabilisées avec Titre Foncier, comme c’est le cas à Bikélé, garantissant ainsi la sécurité juridique des acquisitions.

La régulation des cumuls abusifs

Le Conseil des Ministres a rappelé avec fermeté que tout agent public bénéficiant d’un logement de fonction perdrait le bénéfice de son indemnité correspondante, afin de mettre un terme aux cumuls et de garantir une gestion optimale du patrimoine state.

Le pouvoir régulateur et législatif

En sa qualité de régulateur, l’État édicte les règles, contrôle les matériaux de construction et s’assure du respect des normes, encadrant ainsi toute l’activité du marché.

Le monopole state sur la production des agrégats

Une mesure immédiate actée en Conseil des Ministres est l’instauration d’un monopole state sur la production des agrégats pour contrôler ces matériaux stratégiques pour le BTP.

La mise en place d’un Laboratoire national du BTP

Le gouvernement a décidé de la création d’un Laboratoire national du BTP destiné à assurer la qualité des infrastructures construites sur le territoire.

La révision de la réglementation sur les métiers réservés

Le Conseil a décidé de réviser la réglementation sur les métiers réservés aux nationaux pour en garantir l’exercice exclusif par les Gabonais, y compris dans des secteurs émergents.

La supervision parlementaire

Le ministre du Logement présente et défend le projet de budget de son département devant le parlement, ce qui illustre le contrôle exercé par le pouvoir législatif sur les orientations et les finances du secteur.

Un cadre de suivi-évaluation robuste

Le Conseil des Ministres insiste sur la nécessité de mettre en place un cadre de suivi-évaluation robuste, comprenant un Conseil Présidentiel de Performance et un monitoring permanent.

La réforme de la gouvernance des entreprises publiques

Une réforme structurelle de la gouvernance des entreprises publiques sera conduise, avec une gestion unifiée et optimisée des participations de l’État, impactant directement les acteurs immobiliers state.

Le financement et les partenariats state-giques

L’État gabonais contrôle les leviers financiers du secteur immobilier, tant through le budget national que par la mobilisation de partenaires techniques et financiers, orientant ainsi les investissements selon ses priorités.

La stratégie nationale d’endettement

La stratégie nationale d’endettement sera actualisée afin de mobiliser les financements nécessaires aux projets structurants, dont les projets immobiliers, tout en préservant la soutenabilité de la dette publique.

Le recours aux partenariats techniques et financiers

Le financement des projets state-giques repose sur un dispositif combinant budget national, partenariats techniques et financiers, ainsi que coopération bilatérale et multilatérale.

Les partenariats internationaux pour les grands projets

L’État signe des accords avec des groupes internationaux, comme le Mémorandum d’Entente avec le groupe italien GKSD Investment Holding pour la réalisation d’une Smart City intégrée comprenant 2 500 logements.

La priorité budgétaire à l’investissement

Sur l’enveloppe record de 314,07 milliards de FCFA du budget 2026 du ministère du Logement, plus de 306 milliards sont consacrés aux investissements.

La mobilisation pour le logement abordable

L’État mobilise des fonds importants spécifiquement pour la construction de logements sociaux à prix abordables, comme le démontre l’orientation du budget 2026.

La participation aux conférences internationales de financement

La participation du Gabon à des événements comme la Conférence du Réseau Habitat et Francophonie sur le thème « Booster le financement du logement abordable » montre sa volonté de contrôler et d’orienter les flux de financement.

La stimulation de la filière BTP et la création d’emplois

En stimulant délibérément la filière Bâtiment et Travaux Publics (BTP), l’État contrôle indirectement la capacité de production du marché immobilier et son impact socio-économique.

La génération d’emplois locaux

Un objectif officiel du Plan Habitat est de stimuler la filière BTP pour générer des emplois locaux, utilisant ainsi le secteur immobilier comme un levier de politique économique et sociale.

L’impact social et économique des programmes

Le Programme Construire, piloté par la SNI, a un impact social et économique important : faciliter l’accès à la propriété, créer des emplois locaux et soutenir la relance économique régionale.

Le développement territorial équilibré

Le programme de logements ne se limite pas à Libreville mais vise aussi l’intérieur du pays, comme le montre les logements de fonction pour les agents de l’État à l’intérieur du pays et les projets dans différentes provinces.

Le soutien à la croissance économique nationale

Le Président de la République a réaffirmé que le redressement des comptes publics devait permettre d’atteindre un taux de croissance d’au moins 10 %, soutenu par un secteur non pétrolier robuste, dont le BTP est un pilier.

La promotion de l’entrepreneuriat national

Dans le prolongement des actions pour promouvoir l’entrepreneuriat national, le gouvernement réglemente l’exercice exclusif de certains métiers par les Gabonais, ce qui affecte la main-d’œuvre et les entreprises du BTP.

Le contrôle des matériaux de construction

En instaurant un monopole state sur la production des agrégats, l’État contrôle un intrant essentiel à la construction, influençant ainsi les coûts et la disponibilité pour l’ensemble du secteur privé.

Conclusion

En définitive, le marché immobilier gabonais est incontestablement contrôlé par l’État et ses satellites institutionnels. Ce contrôle s’exerce de manière multiforme et hiérarchisée : through la définition d’une vision state-gique incarnée par la présidence, la planification et l’exécution opérationnelle par la SNI, la maîtrise du foncier, le pouvoir réglementaire, le verrouillage des financements et la stimulation ciblée de la filière BTP. Le « Plan Habitat » 2026, avec son budget historique, consolide davantage cette emprise state-gique. Le secteur privé évolue donc dans un environnement où l’État est à la fois arbitre, principal investisseur et acteur majeur, laissant une marge de manœuvre limitée pour des initiatives indépendantes de cette architecture dirigiste.

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