Comment être plus assertif dans sa communication ?

L’assertivité est le point d’équilibre entre la passivité (se taire, subir) et l’agressivité (imposer, écraser). C’est une compétence cruciale pour se respecter et se faire respecter sans générer de conflits.

Voici un guide concret pour développer une communication assertive.

1. Comprendre l’état d’esprit assertif (le fondement)

Avant les techniques, adoptez la bonne posture mentale :

  • Vos besoins et vos opinions sont aussi légitimes que ceux des autres. Vous n’avez pas à vous excuser d’exister ou de penser.
  • L’objectif n’est pas de « gagner » mais de trouver une solution respectueuse. C’est un « gagnant-gagnant ».
  • Vous êtes responsable de ce que vous dites, pas de la façon dont l’autre le reçoit. Vous pouvez être clair et poli, mais vous ne pouvez pas contrôler les émotions de l’autre.
  • Dire « non » est un droit fondamental. Cela ne fait pas de vous une mauvaise personne.

2. Les piliers pratiques de la communication assertive

Pilier 1 : Utilisez la formule « Je » (et bannissez le « Tu » qui accuse)

C’est la technique la plus puissante. Elle vous permet d’exprimer vos sentiments sans attaquer l’autre, ce qui désamorce la défensive.

  • Au lieu de : « Tu es toujours en retard, tu ne respectes jamais mon temps ! » (Accusation)
  • Dites :« Je me sens frustré et un peu dévalorisé quand nous avons une rencontre prévue et que tu es en retard. J’aimerais que nous puissions commencer à l’heure convenue. »
    • La structure : « Je me sens [émotion] quand [situation factuelle]. J’aimerais/J’ai besoin que [solution souhaitée]. »

Pilier 2 : Soignez votre communication non-verbale

Votre corps doit être en accord avec vos mots.

  • Posture : Tenez-vous droit, les épaules détendues.
  • Regard : Maintenez un contact visuel naturel (sans fixer comme un défi).
  • Voix : Parlez sur un ton calme, posé et affirmé. Évitez de murmurer ou de hurler.
  • Visage : Ayez une expression faciale congruente avec votre message (ne souriez pas en exprimant un mécontentement).

Pilier 3 : Apprenez à dire « NON » avec la méthode DESC

Une méthode structurée pour les situations délicates.

  • D – Décrire : Décrivez la situation de manière factuelle et objective.
    • « Je constate que tu m’as demandé de finaliser le rapport de Paul, en plus de mon propre travail, pour demain. »
  • E – Exprimer : Exprimez vos sentiments avec la formule « Je ».
    • « Je suis inquiet car je ne vois pas comment tout faire sans compromettre la qualité des deux documents. »
  • S – Spécifier : Spécifiez clairement ce que vous voulez (ou ne voulez pas).
    • « Je ne peux pas prendre le rapport de Paul. En revanche, je peux m’occuper de la relecture une fois qu’il l’a fini, ou alors nous devons revoir les priorités. »
  • C – Conséquences (positives) : Soulignez les conséquences positives de votre solution.
    • « Comme cela, mon travail sera fait correctement et le rapport de Paul bénéficiera aussi d’une relecture de qualité. »

Pilier 4 : Pratiquez l’écoute active et la reformulation

L’assertivité, c’est aussi comprendre le point de vue de l’autre.

  • Reformulez : « Si je comprends bien, tu as besoin de ce dossier rapidement parce que tu as un délai à respecter avec ton client ? »
  • Cela montre que vous écoutez et permet de vérifier que vous avez bien compris. Cela crée un climat de coopération.

Pilier 5 : Assumez vos limites et vos besoins

  • Au lieu de : « Désolé, je suis débordé, je ne peux pas… » (justification qui sonne comme une excuse).
  • Dites : « Non, je ne peux pas prendre ce projet supplémentaire. J’ai déjà engagé mon temps sur d’autres priorités et je ne veux pas faire un travail bâclé. »
  • Exprimez vos besoins clairement : « J’ai besoin de plus de détails pour pouvoir avancer sereinement. »

3. Mise en situation : exemples concrets

Scénario 1 : Un collègue vous interrompt constamment en réunion.

  • Passif : Vous vous taisez et ruminez.
  • Agressif : « Tu peux arrêter de couper la parole sans arrêt ?! »
  • Assertif : (Avec un ton calme) « Je voudrais terminer mon point de vue, Marc. Je te passerai la parole juste après, si tu le veux bien. »

Scénario 2 : Un ami vous demande un service important pour la énième fois.

  • Passif : « Euh… d’accord, je vais essayer… » (avec une boule au ventre).
  • Agressif : « Non ! Tu abuses, tu es toujours en train de demander des services ! »
  • Assertif : « Je vois que tu as encore besoin d’aide. Je me sens un peu utilisé(e) car la balance n’est pas très équilibrée dans notre amitié en ce moment. J’aimerais que cette fois-ci, tu trouves une autre solution pour que nous puissions nous voir simplement pour passer un bon moment. »

Scénario 3 : Votre manager vous donne un feedback que vous estimez injuste.

  • Passif : Vous hochez la tête en silence.
  • Agressif : « C’est complètement faux, vous ne voyez pas tout le travail que je fais ! »
  • Assertif : « Je comprends votre point de vue sur ce dossier. Je tiens à apporter quelques précisions sur le contexte. Pouvez-vous m’expliquer quels sont les critères précis sur lesquels vous basez votre évaluation ? »

Pour commencer :

  1. Entraînez-vous d’abord dans des situations à faible enjeu. Avec un commerçant, un collègue sympa, etc.
  2. Préparez-vous. Avant une conversation difficile, notez les points clés que vous voulez aborder, en utilisant la formule « Je » ou DESC.
  3. Soyez patient avec vous-même. Changer sa façon de communiquer prend du temps. Une fois que vous aurez goûté à la liberté et au respect que procure l’assertivité, vous ne voudrez plus revenir en arrière.

L’assertivité est un muscle qui se travaille. Chaque petite victoire vous renforce. Vous en êtes capable

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