Comment épargner pour les études de ses enfants au Canada

Épargner pour les études de ses enfants au Canada est un objectif financier important, et il existe des outils très avantageux pour vous aider. Voici un guide complet pour comprendre vos options et choisir la meilleure stratégie.

Le REEE : L’Outil Indispensable

Le Régime enregistré d’épargne-études (REEE) est de loin le meilleur moyen d’épargner pour les études postsecondaires. Son principal avantage est que le gouvernement vous aide à épargner grâce à des subventions.

1. Comment ça marche ?

  • Vous ouvrez un REEE chez un fournisseur (une banque, une caisse populaire, une société de fonds communs de placement ou un fournisseur spécialisé).
  • Vous contribuez de l’argent à ce régime.
  • Le gouvernement verse des subventions directement dans le REEE, qui viennent bonifier votre épargne.

2. Les Subventions Principales (Votre « Argent Gratuit »)

  • La Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE)
    • Montant : Le gouvernement verse 30% de vos cotisations annuelles, jusqu’à 500$ par année et 7 200$ au total par enfant.
    • Exemple : Si vous cotisez 2 500$ par année, vous recevrez 500$ (30% de 2 500$ = 750$, mais plafonné à 500$ par an).
    • Pour les familles à revenu modeste : Des montants supplémentaires sont disponibles. Il est crucial de vérifier votre admissibilité.
  • Le Bon d’études canadien (BEC)
    • Pour qui ? Les enfants nés après 2003 et dont la famille est admissible à la Prestation fiscale canadienne pour enfants (l’Allocation canadienne pour enfants).
    • Montant : 500$ est versé à l’ouverture du REEE, puis 100$ par année jusqu’aux 15 ans de l’enfant, pour un maximum de 2 000$. Cet argent est offert sans obligation de cotisation de votre part.

3. Les Avantages Fiscaux

  • Votre épargne fructifie à l’abri de l’impôt dans le REEE.
  • Lorsque l’enfant retire l’argent pour ses études (ce retrait s’appelle une Paiement d’aide aux études ou PAE), l’impôt est payé par l’étudiant. Comme les étudiants ont généralement peu ou pas de revenu, ils paient très peu ou pas d’impôt du tout.

Les Types de REEE

Il est important de choisir le type de régime qui correspond à votre style de gestion et à votre tolérance au risque.

Type de REEEComment ça fonctionne ?Pour qui ?
REEE Individuel ou Familial (Banques, Caisses, Courtiers)Vous choisissez vous-même les placements (ex. : FNB, fonds communs, CPG, actions). Maximum de flexibilité et de contrôle.Pour les parents qui veulent gérer leurs investissements et sont à l’aise de le faire.
REEE Collectif (ou « boursier ») (ex. : CST, Universitas, Heritage)Vos cotisations sont regroupées avec celles d’autres épargnants. Le montant que l’enfant reçoit dépend de la performance du pool et du nombre d’enfants qui entrent aux études. Peut avoir des frais élevés et des règles strictes.Pour les épargnants qui préfèrent une approche « pilote automatique », mais il faut lire le contrat très attentivement.

Recommandation : Pour la majorité des familles, un REEE individuel/gestion libre chez une grande banque ou un courtier à escomptes offre le meilleur équilibre entre flexibilité et faible coût.


Étapes Concrètes pour Commencer

  1. Ouvrez un REEE le plus tôt possible. Plus vous commencez tôt, plus les subventions gouvernementales et les intérêts composés travaillent pour vous.
  2. Choisissez un fournisseur. Comparez les frais et les options de placement entre les banques (Banque Royale, TD, etc.), les caisses (Desjardins, Vancity) et les courtiers (Questrade, Wealthsimple).
  3. Déterminez votre stratégie de cotisation. Même de petites cotisations régulières (ex. : 100$/mois) font une énorme différence sur 18 ans.
    • Objectif intelligent : Viser à cotiser 2 500$ par an pour maximiser la subvention annuelle de 500$. Si c’est trop, faites ce que vous pouvez.
  4. N’oubliez pas le Bon d’études canadien (BEC). Si vous êtes admissible, contactez votre fournisseur de REEE pour vous assurer qu’il est réclamé pour votre enfant.
  5. Investissez selon votre horizon temporel. Lorsque l’enfant est jeune, vous pouvez prendre plus de risques (ex. : fonds actions). À l’approche des études, transférez progressivement vers des placements plus conservateurs (ex. : obligations, CPG) pour protéger le capital.

Que se passe-t-il si mon enfant ne fait pas d’études ?

C’est une inquiétude courante. Plusieurs options existent :

  • Transférer à un autre bénéficiaire : Vous pouvez désigner un autre enfant de la famille (sous certaines conditions).
  • Transférer dans votre REER : Sous certaines conditions, vous pouvez transférer jusqu’à 50 000$ de vos cotisations (pas les subventions) dans votre REER, si vous avez les droits de cotisation disponibles.
  • Fermer le régime : Vous récupérez vos cotisations. Les subventions gouvernementales doivent être remboursées. Les revenus de placement (les intérêts) peuvent être retirés mais seront imposés à votre taux marginal majoré de 20% (pénalité fiscale).

Alternatives au REEE (Moins avantageuses)

  • CELI : La croissance est non imposable, mais il n’y a pas de subventions gouvernementales. Utile si vous avez maximisé vos cotisations au REEE.
  • REER : Les cotisations sont déductibles d’impôt, mais les retraits sont imposables pour vous. Ce n’est pas l’outil optimal pour l’épargne-études.

En Résumé

  1. Priorité numéro 1 : Ouvrez un REEE.
  2. Cotisez régulièrement pour maximiser les subventions (viser 2 500$/an par enfant).
  3. Choisissez un REEE individuel pour la flexibilité et investissez selon l’âge de l’enfant.
  4. N’attendez pas ! La puissance des subventions et des intérêts composés est votre meilleur allié.

Pour plus de détails et vérifier votre admissibilité aux subventions, consultez le site officiel du gouvernement du Canada : Subventions et bonis pour les Régimes enregistrés d’épargne-études (REEE).

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